Sandrine Chatenet
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Elyséan et le jardin des pensées
Il était une fois un petit garçon qui s'appelait Elyséan. Elyséan avait un drôle de jardin derrière sa maison. Il n'y poussait ni roses, ni tulipes, ni légumes. Il y poussait des pensées. Oui, des pensées !
Certaines ressemblaient à des petites étoiles jaunes. D'autres avaient la forme de nuages. Il y avait des pensées toutes douces, des pensées joyeuses et des pensées qui faisaient rire. Mais il y avait aussi des pensées sombres, piquantes et parfois très lourdes. Elyséan ne comprenait pas pourquoi.
— « Pourquoi mon jardin est-il si joli, aéré et lumineux à certains endroits… et triste, sombre et torturé à d'autres ? »
Il décida d'aller voir sa grand-mère, qui connaissait beaucoup de choses sur les jardins. En toute réponse, elle lui donna un petit arrosoir.
— « Voici ton outil le plus précieux. »
Elyséan regarda l'arrosoir.
— « Pourquoi est-il si précieux, et à quoi sert-il ? »
Sa grand-mère sourit.
— « Il sert à arroser les pensées de ton jardin, et il est précieux car, grâce à lui, tu vas apprendre à choisir celles que tu arroses. »
— « Comment savoir lesquelles arroser ? » demanda Elyséan.
— « Observe bien ton jardin et ce qui y pousse, et laisse-toi guider par ce que tu ressens. »
Elyséan retourna dans son jardin et observa. Il remarqua alors quelque chose. Toutes les pensées n'étaient pas là parce qu'il les avait choisies. Certaines apparaissaient toutes seules. Une pensée de peur surgissait. Puis une pensée triste. Puis une pensée joyeuse.
Elyséan comprit qu'il ne pouvait pas empêcher les graines d'arriver dans son jardin. Mais il pouvait décider lesquelles il allait arroser. Ce qui l'étonna le plus, c'est que chaque petite pousse semblait porter un message, comme si elle chuchotait tout bas ce qu'elle pensait de lui. Il tendit l'oreille.
Il prit son arrosoir et s'approcha d'une petite plante qui murmurait : « Je ne suis pas capable. » Il hésita, puis décida de ne pas l'arroser.
Un peu plus loin, une fleur chuchotait : « Je peux essayer. » Elyséan lui donna quelques gouttes d'eau.
Le lendemain, une autre plante attira son attention. Elle était couverte de longues épines et disait : « Personne ne m'aime. » Il choisit de la laisser sans eau.
Non loin de là, une petite fleur toute simple murmurait : « Je peux aimer quelqu'un aujourd'hui. » Celle-là, il l'arrosa avec plaisir.
Jour après jour, Elyséan observa son jardin. Il découvrit quelque chose d'étonnant. Plus il nourrissait certaines pensées, plus elles grandissaient et s'embellissaient. Et plus il cessait d'en nourrir d'autres, plus elles perdaient de leur force.
Mais un jour, une énorme plante apparut au milieu du jardin. Elle était énorme, noire, avec une tête de monstre à son sommet.
Elle criait très fort : — « Tu vas échouer ! »
Elyséan eut peur. Il voulut immédiatement la couper. Mais elle était tellement couverte d'épines géantes qu'il ne put l'approcher.
Il alla chercher sa grand-mère. Elle prit sa main et l'accompagna jusqu'au bord de la plante.
— « Ce n'est pas en la coupant qu'elle disparaîtra », dit-elle doucement.
— « Mais elle est méchante ! » — « Non, Elyséan. Elle est simplement une pensée. »
— « Alors pourquoi me fait-elle peur ? »
— « Parce que tu l'as peut-être arrosée longtemps sans t'en rendre compte. Approche-toi tout doucement, et parle-lui. Les épines s'écartent devant ceux qui viennent pour écouter, pas pour couper. »
Elyséan fit un pas, puis un autre. Les grandes épines s'écartèrent lentement pour le laisser passer. Il comprit alors que certaines pensées avaient besoin d'être entendues avant de pouvoir les laisser partir. Il s'assit devant elle.
— « Pourquoi me dis-tu que je vais échouer ? »
La plante répondit :
— « Parce que j'ai peur que tu sois déçu. Je veux te protéger. »
Elyséan fut surpris. Il ne s'attendait pas à cette réponse. Il comprit alors que certaines pensées difficiles n'étaient pas là pour lui faire du mal. Elles cherchaient parfois simplement à le protéger.
Alors il leur dit :
— « Merci de vouloir me protéger. Mais aujourd'hui, je choisis d'essayer quand même. »
Maintenant qu'elle avait été écoutée, la grande plante n'avait plus besoin de crier aussi fort. Doucement, elle commença à rétrécir. Elyséan sourit. Il venait de comprendre quelque chose de très important : Il n'avait pas besoin de combattre toutes les pensées qui le dérangeaient. Il pouvait simplement les observer. Écouter la teneur de leur message. Puis choisir celles auxquelles il voulait donner son énergie.
Les jours passèrent. Le jardin changea. Des fleurs de confiance apparurent. Des plantes de courage poussèrent près du portail. Des arbres de gratitude offrirent leur ombre.
Et au milieu du jardin, Elyséan planta une petite graine qu'il appela : « Je suis en chemin. » Il l'arrosa chaque matin. Cette plante devint bientôt un arbre magnifique.
Un jour, Elyséan demanda à sa grand-mère :
— « Est-ce que mon jardin sera toujours parfait maintenant ? »
Elle éclata de rire.
— « Oh non ! De nouvelles graines arriveront toujours. »
— « Même les mauvaises ? »
— « Il n'existe pas vraiment de mauvaises graines, Elyséan. Certaines sont simplement là pour t'apprendre quelque chose ou te révéler quelque chose de toi. »
Elyséan regarda son jardin. Il comprit que son travail n'était pas de contrôler tout ce qui y poussait. Son travail était d'apprendre à devenir un bon jardinier.
Car les pensées sont comme des visiteurs qui passent dans le jardin. On ne peut pas les empêcher d'arriver. Mais on peut choisir celles que l'on invite à rester. Et celles que l'on arrose deviennent peu à peu les plus grandes fleurs du jardin.
Depuis ce jour, lorsque Elyséan avait une pensée qui lui faisait peur, il ne disait plus : « Je suis cette pensée. » Il disait : « Je remarque cette pensée. »
Puis il prenait son arrosoir…
Parole de Conscience
Une pensée n’est pas toujours une vérité.
Elle peut simplement être une graine déposée dans ton jardin intérieur.
Observe-la.
Écoute ce qu’elle vient t’enseigner.
Puis choisis avec amour ce que tu souhaites nourrir.
Car là où va ton attention, ton énergie grandit.
Pour aller plus loin
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Quelles sont les pensées que tu arroses le plus souvent ?
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Et lesquelles aimerais-tu voir grandir davantage dans ton jardin intérieur ?